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« Être perdue fait partie de l’esthétique du voyage »

Le départ à Pékin a été redoutablement dur. Ce n’était pas facile de partir vers l’absolu inconnu, et d’autant plus seule. Pékin se résumait pour moi comme une avalanche de questions auxquelles je n’avais aucune réponse.Mon premier jour s’est résumé entre arnaque de taxi à l’aéroport, auberge de jeunesse pourrie et le stress de trouver un appartement. Quand je suis arrivée à l’auberge, que j’ai vu l’état de la chambre et le niveau de propreté que considère un chinois modeste comme bon, je regrettais déjà mon choix. J’avais tellement envie de pleurer, je me demandais « mais qu’est-ce que tu fais là? ». Alors j’ai de suite compris que je ne devais pas être seule, que je devais m’entourer et trouver de l’aide, que je –pouvais- ne pas être seule. J’ai contacté une française qui m’avait envoyé un message deux jours auparavant mon arrivée à Pékin. Je lui ai dit: « Diane je t’en supplie il faut que je vois une française ». À partir de là j’ai passé l’après-midi et la soirée avec elle. Elle était venue en Chine accompagnée par son père et tous les deux m’ont beaucoup aidé et informé. J’ai eu beaucoup de chance de les avoir pour savoir les choses à faire ou pas. Parce que même si j’ai passé mon été avant mon départ à me préparer, je tiens à dire qu’on n’est jamais prêt pour la Chine.

Ce premier soir sur Pékin je ne voulais pas rentrer dans ma chambre à l’auberge, je ne savais pas comment faire et j’y suis quand même allée. Et là, entre les 4 lits superposés dans une chambre de moins de 15m2 j’ai vu cette fille blonde assise sur son lit. Un regain d’espoir m’est apparu. Je me suis dit « alléluia tu n’es pas la seule étrangère dans cette chambre de l’horreur. Nous avons donc commencé à parler et nous nous sommes rendue compte que le lendemain nous visitions toutes les deux des appartements avec la même agence. Nous avons alors décidé d’aller visiter ensemble et à partir de là cette fille est devenue ma colocataire. Je ne sais pas qui je devrais remercier, mais dans la galère de cette première journée une bonne étoile m’a amené des gens sur qui j’ai su que je pourrais compter.

Les deux premiers mois sont ensuite passés à toute vitesse. C’était mes premiers moments en Chine, mes premières visites, mes premières fois loin dans un contexte bien différent de celui des vacances et j’avais tout à apprendre, tout à découvrir. Deux mois où je me sentais spectatrice, je comparais nos deux cultures, j’essayais de comprendre. C’était aussi deux mois où je me disais que ça passerait vite et je faisais tout pour éliminer les aspects négatifs de la culture qui contrediraient cette pensée. Au fond, j’essayais de me voiler un peu la face sur beaucoup de choses pour que l’expérience en Chine se fasse plus simplement. Je pense qu’avoir eu ma colocataire dans la même chambre m’a beaucoup aidé aussi à ne pas me sentir seule et me concentrer sur les choses positives. Cette première période c’était aussi le fait de vouloir garder des aspects spécifiquement français comme ne pas manger avec les baguettes ou continuer à manger quelques produits que je connaissais et repousser certains plats chinois (voire beaucoup).

« Les voyages forment la jeunesse »

Le troisième et quatrième mois ont été un peu difficiles et très révélateurs. Il y avait les exams, les premiers jours de froid et de pollution. Et le temps à commencer à ralentir, je réalisais plus souvent que j’étais seule à l’autre bout du monde dans une culture qui me paraissait toujours inconnue même après deux mois. Et puis je commençais à compter les jours restant avant la fin du premier semestre et l’arrivée de mon chéri. J’ai aussi commencer à me rendre compte que je vivais vraiment en Chine et que je n’étais pas prête de rentrer sous deux semaines, que j’avais encore beaucoup de temps à passer à Pékin. Alors c’est là que j’ai eu un déclic et que j’ai commencé à vouloir m’adapter à ma nouvelle vie. J’ai commencé à bien savoir utiliser les baguettes et à vraiment vouloir les utiliser. J’ai commencé à m’aventurer dans les plats chinois, boire du thé, manger tôt, boire de l’eau chaude à table et l’apprécier. Une vraie petite chinoise. Vous allez peut-être rire car ce ne sont que de simples éléments (et ce ne sont que des exemples) mais chaque petit détail qui diverge de notre propre culture crée une grosse différence à la fin et c’est une grande adaptation à faire. J’ai aussi commencé à me rendre plus compte de certains aspects que j’essayais de ne pas voir: les crachats, les bruits, la saleté et l’individualisme. Le mois de novembre et de décembre était une vraie prise de conscience pour moi et c’est là aussi où j’ai commencé à vraiment apprécier et comprendre plus ou moins certains aspects.

C’est aussi durant ces deux mois que je suis devenue de plus en plus fière de mon parcourt et du courage que je m’étais donné de partir dans un endroit complètement inconnu et qui ne me donnait pas du tout envie. Mais comme on dit « c’est un mal pour un bien » car j’ai aussi de plus en plus pris conscience des choses dont j’avais vraiment envie. Se retrouver seule, devoir tester de nouvelles choses, faire des choses qu’on n’aime pas, découvrir d’autres qu’on aime et prendre le temps pour soi, aide à se focaliser sur soi-même, sur qui on est et ce que l’on veut. Être loin de sa « zone de confort » est parfois difficile mais c’est aussi très formateur et bénéfique. Et ça, je pense que c’est adaptable à toutes personnes partant à l’étranger. De plus, passer un an en Chine m’aura prouver une fois encore ma capacité d’adaptation mais m’aura aussi redonner confiance en moi sur certains points.

« Plus on est de fous, plus on rit »

Le second semestre a été dur sur les deux premières semaines. Après avoir passé un mois avec mon chéri à travers l’Asie, c’était vraiment dur de devoir le quitter à nouveau et se retrouver seule pour devoir encore recommencer. Parce que oui, très peu d’étranger reste un an, il fallait donc se refaire de nouveaux amis mais il fallait aussi de nouveau déménager et s’installer cette fois-ci sur le campus. Mais finalement ce second semestre aura été génial. J’ai fais la rencontre de personnes vraiment attachantes et qui m’auront permis de vivre ce nouveau semestre bien différemment. Si le premier semestre se résumait plus pour moi par de belles rencontres professionnelles et une découverte culturelle. Le second semestre s’est révélé fort en amitié. Et je pense qu’une fois qu’on a fait le tour d’une ville et acquis pas mal de choses, il est important de pouvoir se créer de vrais repères et de se sentir bien. Ce semestre m’aura permis de percevoir le vrai sens de la phrase « plus on est de fous plus on rit ».

« So here you are, too foreign for home, too foreign for here, never enough for both »

En résumé, la Chine aura été une grande aventure partagée entre différentes étapes. Il aura fallut du temps pour s’y « adapter » et s’y attacher. Si je mets « adapter » entre crochet, c’est que je considère aujourd’hui encore que je ne me suis pas totalement « adaptée » à la Chine. En effet, beaucoup trop de choses me sont encore floues voire beaucoup trop de choses sont différentes de la façon dont je les considère. Néanmoins, Pékin aura belle et bien était ma maison et je suis déjà nostalgique à l’idée de ne plus être ici. Cette expérience en Chine m’aura beaucoup appris et beaucoup donné. Il est vrai que la Chine m’aura fait tourné la tête plus d’une fois de part ses gaps, ses retards et ses avancées mais c’est aussi la raison qui m’aura pendant un an motivé à vivre cette expérience pleinement. Chaque jour était une nouvelle aventure et je pense que c’est ce qui me manquera le plus. Revenir à La Ciotat risque d’être un sacré choc au début. Je pense que ma vision de certaines choses aura beaucoup évolué. Mais en tout cas, je ne regretterai plus jamais ma décision d’être partie en Chine.

Crédit photos: Itsmathilde

May your dreams come true, « M »
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